Hausse exponentielle de la population et urbanisation galopante sont les tendances lourdes de la démographie africaine. L’importance de cette pression met le continent face à des défis inédits.

 

  • Macrocéphalie urbaine et extension de la périurbanisation. Un exode rural sans précédent : 1 africain sur 3 vit en ville. La ville primatiale concentre l’urbanisation jusque dans les années 1980, c’est un héritage de la colonisation. Mais montée de la périurbanisation se laisse observer: le peuplement des zones interstitielles se développe, les quartiers populaires se densifient, la ville s’étale le long des axes de communication au détriment des terres agricoles.
  • La ségrégation socio-spatiale des villes africaines. La ville propre et bien entretenue des riches s’oppose à la ville sale et délaissée des pauvres (deux tiers des habitants). Les bidonvilles sont rasés pour créer des lotissements mais repoussent leurs habitants à l’extérieur de la ville, accroissant l’étalement urbain et les migrations pendulaires.
  • Les liens entre la ville et la campagne restent forts. La population est mobile, se déplaçant à la ville pour bénéficier des emplois informels à la saisons sèche et retourner à la campagne pour cultiver et monnayer les produits de la ville à la saison des pluies.
  • Une ville caractérisée par l’explosion de la mendicité. On vit mieux en ville grâce à l’accès au services de santé et d’éducation. Mais la ville est une déstructuration sociale. La pauvreté urbaine est plus violente (pas de solidarité du village et d’auto alimentation). Le microcrédit se développe mais ne permet pas de sortir de la pauvreté, il joue le rôle d’amortisseur social
  • La classe moyenne: un concept difficile à définir avec précision : Selon Joan Bandelette, une personne appartient à la classe moyenne à partir du moment ou elle dispose d’une somme d’argent qu’elle peut dépenser ou non après avoir satisfait ses besoin essentiels. Selon la banque mondiale, les personnes appartenant à la classe moyenne ont  pouvoir d’achat de 12$ à 50$/Jour. Mais pour la Banque Africaine du Développement (BAD) ce montant est inférieur à 2$/jour. Par conséquent, la classe moyenne en Afrique représente 300 millions de personnes mais est hétérogène. L’urbanisation, le secteur secondaire, la fonctions publiques est un facteur clé pour son apparition. Mais la fonction publique a beaucoup souffert des Politiques d’Ajustement Structurel (PAS) faisant qu’aujourd’hui c’est le secteur privé qui assure son développement.
  • La classe moyenne : une opportunité économique. Elle offre plusieurs débouchés selon les niveaux de revenus : les malls (Westgate à Nairobi), les hypermarchés (Carrefour), les marchés populaires. Donc des opportunités : les multinationales s’associent avec des partenaires locaux.  C’est aussi une occasion pour l’état d’engranger des recettes via la TVA mais aussi les douanes.
  • Le cas de l’Afrique du Sud. Pays de classes moyennes depuis la fin de l’apartheid, grâce aux augmentations des salaires et aux affirmatives actions. 1/5e de la population est dans la classe moyenne supérieure. Mais ces dernières se révoltent : elles revendiquent un aménagement intérieur du territoire à la hauteur de leurs espérances.

 

Catégories : Afrique

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