« L’Europe est un miracle géopolitique précieux, un espace du monde ou les conflits se règlent par le droit, les lois ; ce miracle ils voudraient l’étendre au monde entier »

Robert Kagan

L’Union européenne, cherche à se faire reconnaître commun nouveau type de puissance, plus civile que militaire, plus coopératrice que coercitive. Des lors comment définir la singularité de la puissance européenne ? Démultiplicateur de puissance ou sortie de l’histoire ?

  • La Méfiance des Européens vis à vis de la notion de puissance. L’héritage d’un passé et de destructions. L’histoire a appris que la volonté de puissance était porteuse de chaos. Deux guerres mondiales assimilables à une longue guerre civile. Le refus de la guerre après 1945 apparaît comme un thème fédérateur. Politique de la main tendue de la Fiance à l’Allemagne : engager un dialogue d’égal à égal avec la CECA, puis CEE. Méthode incrémentale pour « réaliser des réalisations concrètes qui entraineront des solidarités de fait ». Rejet de la puissance au sens classique du terme : plan Fouchet défense confédérale en 1962 et échec de la CED plus tôt. Attachement à l’état providence est tel que cela interdit un effort militaire pour approcher les EUA : l’Europe dépense deux fois plus en terme de budget que les EUA. La recherche de la protection militaire américaine : OTAN signé en 1946 malgré la sortie en 1966 du commandement intégré par la France. Soulagement avec le soutien américain pendant la crise des euromissiles. Accord de Berlin + en 2003.
  • Une construction de l’Europe espace plus que d’une Europe puissance. Un espace qui s’élargit, s’intègre et s’enrichit toujours plus. 1973, 1981, 1986, 2004, 2007 jalonnent le passage de 6 à 28, 500 millions d’habitants avec le niveau de vie le plus élevé de la planète. Un espace qui s’intègre : la devise est l’union fait la force. Organisation économique la plus intégrer au sens de Belà Belassa (The theory of economic intégration) qui fait de l’UE un modèle pour les autres.
    • 1 – Coopération économique : CECA
    • 2 – Zone de libre-échange : ALENA
    • 3 – Union douanière : MERCOSUR
    • 4 – Marché commun, acte unique 87
    • 5 – Intégration politique et monétaire (pas totale pour le Europe)
  • Mais pas de diplomatie ni d’armée commune : échec de la CED en 1954. L’UEO n’est qu’une branche de l’OTAN mais à nuancer PESC, PESD, PSDC. Une Europe espace qui pourra devenir un démultiplicateur de puissance : réunion des états souverains dans une fédération. Plus elle s’étend plus elle se renforce ? (Vrai sur le plan économique mais pas géopolitique car cela accroit les divergences d’intérêt)
  • La recherche de la puissance sans la force. Puissance civile (1973) la dissuasion nucléaire a vidé de sons sens le pouvoir militaire.
  • Le moteur de la puissance européenne est économique. L’arme économique se substitue à l’arme militaire pour les états qui veulent asseoir leur puissance. Un poids lourd du commerce mondial Poids des FMN (40 /100), 50% des échanges mondiaux. Pour les 2/3 environ il s’agit du commence interne. Cella lui donne un poids diplomatique a l’OMC, elle sais fréquemment l’ORD. Grand argentier de la planète à travers les bourses de valeur : London SE, Euronext . Présence de 15 banques européennes systémiques dont Deutsche Bank, BNP. Flux d’IDE : premier émetteur d’IDE dans le monde vers les EUA, l’offshore. Euro, outil de la puissance : loin de pouvoir concurrencer le dollar. Souvent critiqué comme une monnaie trop forte mais permet la stabilité des prix et l’allègement de la facture énergétique. Arme géopolitique lorsque la Russie menace de libeller son pétrole en euro
  • Puissance normative. Passage de la norme de la force à la force de la norme. Formalisé par Ian Manners : imposer des normes qui concours a la définition de l’identité européenne : paix démocratie, droits l’homme et Des normes à respecter pour rentrer dans l’UE : critères de Copenhague en 1993. Mais également des normes secondaires : développement durable, solidarité sociale, refus des discriminations et bonne gouvernance : soft power sur l’effet de serre, OGM, active à l’OMC, FMI, active pour l’instauration d’une cour pénale internationale en 2002.
  • Le soft power européen n’est-il pas un aveu de faiblesse ? Hedley Bull (Civilian Power Europe : A contradiction in Terms ?) Considère que l’achèvement d’une puissance ne peut passer que par la capacité militaire de se défendre. De nombreux penseurs le rejoignent. C’est le cas de Rober Kagan (La puissance et la faiblesse) : l’Europe serait plus proche de Vénus alors que les Américains sont plus proches de Mars. L’Europe, Un suicide stratégique. Abandon de la puissance à la création de la SDN
  • L’UE avance ainsi vers la constructions d’une puissance diplomatique et militaire. Le traité de Maastricht marque une étape dans l’établissement d’une politique étrangère. Le traité d’Amsterdam créer la fonction de Haut représentant pour la PESC. Mais le conflit Yougoslave a fortement éprouvé la puissance européenne car c’est l’OTAN qui intervient à sa place. Pas de défense autonome. Cependant en 1998 la déclaration Chirac Blair insiste sur la nécessité » de mettre en place une défense européenne, agir quand l’OTAN n’est pas engagée.
  • D’importantes limites à la construction d’une puissance globale. Cantonnée à des missions de Petersberg définies par l’UEO : mission humanitaire ou d’évacuation de ressortissants, missions de maintien de la paix, mission de force de combat pour la gestion des crises. Mais difficulté d’adapter des positions communes entre les membres.
  • Un rêve européen remis en question. Fondée sur la séduction plutôt que sur la coercition. Elle est attractive et pourtant à l’intérieure de l’UE se développent le populisme et l’Euroscepticisme.

 

La petite étude de cas sympa : La Hongrie de Viktor Orbàn                                          

Membre depuis 2001. Arrivée au pouvoir depuis 2010, grâce à une alliance entre le Fidesz et Jobbik, antisémite et anti-rom. LE premier ministre fait adopter une nouvelle constituions, loi sur les nationalités et les médias, et le plus récemment un référendum en 2016 contre l’arrivée de migrants. Placé sous surveillance et un rapport de 2013 condamne les atteinte à la démocratie en Hongrie. Contradiction avec les valeurs de Copenhague. Parfaite illustration de l’euroscepticisme ambiant, des dérives extrémistes et populismes mais surtout de l’incapacité de l’Europe a lutter contre ces dérives internes.

 

Catégories : Europe

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