Paradoxalement, l’Europe a façonné le Moyen-Orient ne serait-ce que par le phénomène de frontières exogènes décrit par Michel Foucher. Cependant elle laisse aujourd’hui le leadership aux Etats-Unis faute d’unité. 

  • L’Europe formate le Moyen-Orient après la Première Guerre Mondiale. Jusqu’au premier conflit mondial, l’Europe est absente mis à part à Suez. Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, elle formate le Moyen-Orient au mieux de ses intérêts avec les accords Sykes Picot en 1916, l’Angleterre promet même un foyer national juif (Déclaration Bellefour).
  • La décolonisation évince l’Europe de la région. A partir de 1945, l’Europe est congédiée par les acteurs régionaux. La crise de Suez (1956) est une victoire militaire mais une défaite diplomatique face à Nasser et à l’URSS. Le Moyen-Orient est alors partagé entre les conservateurs, anticommunistes et alignés sur les Etats-Unis comme en témoigne l’Iran du Shah et les révolutionnaires, communistes, alignés sur l’URSS comme l’Afghanistan.
  • L’Europe est divisée, c’est sa faiblesse. L’Europe n’a pas de politique énergétique et étrangère commune face au choc pétrolier. La France refuse de rejoindre l’AIE créée au sein de l’OCDE en 1974. Elle n’a pas de vision et pas d’action. Elle veut régler problème du Proche Orient à travers l’espace méditerranéen. Pour ce faire, elle met en place le processus de Barcelone en 1995 avec des promesses mais peu de réalisations concrètes. L’Union Pour la Méditerranée impulsée par Nicolas Sarkozy en 2007 est rendue caduque par les printemps arabes. Il y a certes une Politique Etrangère de Voisinage (PEV) mais il n’y a pas de véritable retour politique.
  • Le moyen orient au rythme de la diplomatie américaine. G.W.Bush fixe le principe de democracy and state building dans un GMO allant de la Mauritanie au Pakistan  et n’hésite pas à intervenir au lendemain des attaques sur le continent américain. C’est le principe de la paix par la guerre. Obama contraste avec son minimalisme stratégique, un désengagement comme en Irak et un leading from behind fondé sur les drones, opération spéciale comme le montre en Syrie : refus de s’impliquer malgré la « ligne rouge franchie ». Donald Trump semble continuer sur une lancée isolationniste. Face à l’incapacité de la diplomatie américaine de dénouer les conflits, l’Europe est impuissante.
  • L’Europe supplétive. Lors de la 2ndeguerre du Golfe, tous les pays Européens s’engagent dont la France qui envoie au front la division Daguet (Mirages F1). En 2003 elle est divisée entre le Jeune Europe (Italie, GB) et la Vielle Europe (France, Belgique, Allemagne). La politique de C.Ashton, secrétaire à la PEV, est peu lisible d’autant plus que seul la France a une politique au Moyen-Orient (De Villepin en 2003 face à Collin Powell), voir fait preuve de realpolitik lorsque N. Sarkozy reçoit M.Kadhafi à l’Elysée en 2008.
Catégories : Moyen Orient

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *