On parle de Guerre froide pour évoquer un conflit larvé, non déclaré, engendrant des tensions fortes. Le contexte géopolitique en Asie est marqué par un développement inquiétant des forces militaires.  Si la géopolitique reprend les trais de la Guerre froide, les mécanismes de coopération existants font que l’Asie est dans une situation pacifiée, même s’il subsiste des risques de confrontation.

 

  • L’héritage de la guerre froide. L’exemple de la frontière coréenne matérialisée par la DMZ, résultante de la Guerre de Corée (Invasion de la Corée du Sud par la Corée du Nord. Les États-Unis viennent aider la Corée du Sud face à la Corée du Nord soutenue par l’URSS et la République Populaire de Chine (RPC) en 1950. L’armistice est signé en 1953 à la mort de Staline et marque le début de la coexistence pacifique). La scission entre la Chine et Taïwan : les partisans de Tchang Kaï Tcheck trouvent refuge à Taïwan. Pékin adopte en 2005 une loi anti-sécession pour marquer sa volonté que l’île retourne sans son giron et refuse toute candidature de Taïwan à l’ONU en tant qu’état indépendant. Entre la Chine et l’Inde, plusieurs territoires font l’objet de différends au sujet de la frontière. En 1962, la Chine de Mao parvient après une guerre à imposer sa souveraineté dans la province d’Askai Chin. Le statu quo prévaut, mais le litige empoisonne les relations.
  • La géographie des bases militaires héritée de la guerre froide. Après 1991, la Russie a perdu ses bases alors que les Américains ont conservé leur réseau notamment en Corée du Sud et au Japon confirmé par la présence de la VIIE
  • Guerres larvées et guerres froides. Les tensions maritimes font craindre les risques d’escalade militaire, à cause des volontés hégémoniques des puissances qui la bordent. En plus de l’intérêt stratégique (protéger les voies de communication), il y a un intérêt économique (présence d’hydrocarbures et de ressources halieutiques). La Chine construit des bases militaires dans l’archipel des Spratleys. Elle avait déjà annexél’archipel des Paracels en 1974. Théorie des 9 traits chinoise. La présence de la marine de guerre américaine complique la situation. Si elle peut jouer un rôle dissuasif, elle peut également multiplier les incidents. Washington et Pékin se sous accusés d’alimenter l’instabilité dans la région. Les tensions entre les deux Corées vont également en augmentant, à cause des essais nucléaires.
  • Ambition des puissances et course aux armements. La RPC se développe dans l’océan Indien grâce au collier de perles. Les dépenses militaires ont augmenté plus vite que la croissance. En réaction, on observe une course aux armements. Le budget militaire japonais repart ainsi à la hausse, mais également ceux de l’Inde, de la Corée du Sud, du Vietnam, de Singapour et des Philippines. Les flottes se renforcées à un rythme inquiétant. Selon Kelvin Wong: « l’environnement sous-marin en Asie va connaître une augmentation du trafic, 100 sous-marins vont entrer en service d’ici 2018 ». De même, les alliances se développent. Mise en œuvre de la politique du pivot depuis les années 2010 pour établir 60 % de leurs capacités vers l’Asie. D’un autre côté, Pékin s’est rapproché de Moscou et développe des manœuvres conjointes.
  • Forte indépendance économique dépenses militaires contenues. Les principaux protagonistes de la région sont des partenaires économiques, commerciaux et financiers majeurs. Il existe ainsi une dépendance de l’interdépendance entre la Chine et les États-Unis.
  • Des mécanismes de coopération à toutes les échelles. Accord entre états : Grâce à l’ASEAN, les échanges intrazone sont passés de 15 % à 30 %. Lacement d’une zone de libre-échange (AFTA). Accords qui peuvent être plus étendus. La Coopération économique en Asie-Pacifique (APEC). Il s’agit de la zone économique la plus dynamique du monde. Les aires de coopération : ZES à partir de 1978 en Chine (Henan, Xiamen, Shangtu). Zone de coopération de la mer du Japon (Rapprochement des oblasts russes, des départements coréens et des provinces chinoises), mais également les triangles de croissance (coopération économique transnationale à cheval sur plusieurs états, corridor de développement) comme SIJORI. Accords sécuritaires. Instances de discussion au sein de l’ASEAN pour atténuer les confits. Mécanisme bilatéraux comme en Chine et le Japon sur les îles Saikaku. Les leaders du Japon, de la Chine et de la Corée ont décidé d’accélérer les négociations sur un accord de libre-échange à trois états, réaffirme leur opposions aux programmes nucléaires nord-coréens. De même les litiges sur les fleuves trouvent des solutions : comité international di Mékong (1957). Nouveaux problèmes de frontières réglés : les différends entre la Chine et la Russie ont été réglés, tendent à s’améliorer avec l’Inde, en 2003 visite en Chine du Premier ministre Indien.
  • Une coopération toutefois limitée. D’un point de vue économique, il y a concurrence entre le TPP (12 États, dont les EU et le Japon, mais pas la Chine) et le RCEP (exclusion des États-Unis, inclusion de l’Inde, de la Chine et du Japon.) Washington accuse Pékin de sous-évaluer le yuan au détriment des produits américains.Sur un plan sécuritaire : le fait de ne pas avoir une organisation régionale unique ne permet pas d’apaiser les tensions, notamment dans les îles Senkaku/Diaoyu avec une interdiction des exportations de terres rares au Japon. Entre l’Inde et le Pakistan, les incidents sont récurrents au Cachemire notamment les attaques terroristes menées par des islamistes soutenus par Islamabad. Taïwan reste un point de tension : la RPC déploie un grand supositif militaire. La crise du détroit de Taïwan [1995-1996] montre que la stabilité repose sur la puissance américaine et l’avenir de la région dépendra d’une combinaison entre l’équilibre des puissances et le partenariat entre les États-Unis et la Chine.

Un auteur: Yoon Young Kwan, Le passé de l’Europe est il le future de l’Asie ?

Ancien ministre coréen des affaires étrangères, il compare l’Asie d’aujourd’hui et l’Europe d’avant 1914. : incapacité des dirigeants occidentaux à accompagner la montée en puissance de la Chine, nationalismes exacerbés, risques de réactions disproportionnées. Comme l’Europe d’avant 1914, les états d’Asie restent dépendant d’une politique de rapports de forces anachronique à l’origine d’une paix belliqueuse.

 

Catégories : Asie

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