• La frontière est un mythe fondateur pour les Américains. L’expansion américaine est entamée au 18e siècle avec la vision jeffersonienne d’une république de petits fermiers indépendants (Homstead Act, 1862). La nation américaine est née grâce à la notion de frontier, notamment de par la confrontation avec la nature et les Indiens. L’idée de repousser les limites de la frontière comme si on agrandissait l’espace de la civilisation contribue à forger l’histoire de l’Amérique. 
  • Au Canada et au Mexique, la construction s’effectue de manière différente. Au Canada, la construction est sensiblement la même qu’aux États-Unis : union des possessions britanniques en 1867. Tandis qu’au Mexique la colonisation s’appuie sur des missions et a bénéficié à de grands propriétaires. 
  • Un dynamisme économique qui repose sur la symétrie ou l’asymétrie frontalière. Le fort différentiel économique favorise une complémentarité des échanges comme avec les maquiladoras : les entreprises américaines bénéficient au Mexique des bas coûts de production et le Mexique bénéficie de l’emploi et des transferts de technologies. Encouragée par le gouvernement pour peupler le nord du pays. Avec le Canada, la symétrie des économies favorise les échanges sans restriction.  
  • Une interpénétration culturelle. Une Mexamerica culturelle se met peu à peu en place (zone de fusions culturelle) avec le développement d’une véritable identité : mouvements hispaniques contre l’acculturation dans les 60 s. Ainsi selon Rober Rougé la frontière culturelle a migré vers le nord tandis que la frontière linguistique est partout et nulle part. 
  • Aménagements frontaliers et flux. Pour favoriser les échanges se construisent des aménagements : on observa ainsi 40 points de passages pour les personnes et les marchandises entre le Mexique et les EU. Depuis la signature de l’ALENA, le trafic a plus que doublé : travailleurs, touristes. Les flux sont également des flux de capitaux avec le poids des remises faites par les émigrés, 2e source de revenus derrière le pétrole. 
  • La multiplication des trafics illégaux : une zone de violence. Les frontières sont traversées par des flux illégaux. Dans le sens sud-nord : les organisations criminelles de prostitution et de trafic de drogue jouent un rôle de plus en plus grand. Leur influence est croissante margé la lutte d’Enrique Pena depuis 2006 (Ciudad Juárez, ville la plus dangereuse du monde). Dans l’autre sens : trafic de matières dangereuses dont les EU veulent se débarrasser. 
  • Des aménagements contre les flux illégaux. Les États-Unis et le Mexique forment un couple migratoire : pourtant depuis la crise des 70 s et les restrictions en matière d’immigration, l’immigration clandestine a augmenté. Face à cela des aménagements ont été conçus. Depuis les années 1990, la frontière s’est militarisée (Op Gateleeper). Depuis le 9/11, tentative de barricader la forteresse Amérique (US Border Patrols, milices civiles) avec un coût humain : l’opération Gatekeeper est dénoncée par les ONG.
  • La nécessité d’une coopération transfrontalière. Les chefs d’état des 3 pays de l’époque (Pena Nieto, Obama, Harper) avaient décidé de coopérer à toutes les échelles (Comité exécutif bilatéral pour la frontière du 21 e siècle). En 2001, un accord sur le transport de marchandise qui assouplit la circulation de transporteurs mexicains avait été adopté. Mais les changements internes remettent en question ces coopérations. D.Trump fait ainsi preuve d’unilatéralisme avec la décision non concertée de construire un mur le long de la frontière mexicaine.

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