Depuis les Accords du Quincy (1945), les Etats-Unis considèrent le Moyen-Orient comme une zone stratégique à maitriser. Nonobstant, si ils ont pu être très impliqués dans la région la tendance actuelle est celle d’un repli que l’élection de Donald Trump peine à remettre en cause.

  • Le Moyen-Orient est une zone stratégique pour les États-Unis. Pendant la guerre froide, la doctrine Eisenhower repose sur 3 motivations : la protection des lieux saints, l’emplacement de la région dans la lutte contre l’URSS, et le contrôle du pétrole qui implique la sécurisation des routes en Arabie Saoudite et en Irak (espoir du free oil). La doctrine Carter à travers les efforts de médiation le Golfe au rang d’espace vital pour la défense.
  • Israël, un partenaire stratégique. Allié indispensable contre le terrorisme, Israël est vu comme le 51eétat américain (population proaméricaine). Il dispose d’une force de frappe importante (Tsahal) mais son rôle est limité dans les coalitions (Desert Storm)
  • L’Arabie Saoudite, un partenariat chancelant. La confiance a été ébranlée par l’accord sur le nucléaire iranien (14 juillet 2015). Riyad a une nouvelle génération de dirigeants. La baisse des cours oblige à une diversification de l’économie.
  • Un combat contre le terrorisme qui repose sur des intérêts idéologiques (Choc des civilisations) mais surtout la nécessité de contrer l’Iran, l’ex-URSS et plus généralement toute grande puissance. L’Opération Iraqi freedom, mené unilatéralement avec shock and awe, est achevée en 2003 et ouvre l’ère du nation building.
  • Cependant, le Grand Moyen Orient (GMO) est un échec patent : il oppose la démocratie comme réponse au terrorisme. L’OTAN sert alors non plus à la lutte contre le communisme mais contre le terrorisme. Toutefois cette intrusion est vécue comme une pression intrusive. Le nation building n’est pas maîtrisée en Irak ou la favorisation du pouvoir chiite a provoqué des ressentiments et a amené à la création de Daech.
  • La tentation du repli. La war fatigue est un élément structurant pour comprendre les politiques américaines au Moyen-Orient : Barack Obama a voulu mettre fin aux deux guerres dont ils avaient hérité en provoquant le retrait d’Irak en 2011 et d’Afghanistan en 2016 ou près de 4500 GI ont été tués. Il préfère le leading from behind à travers la guerre des drones (MQ9-Reaper depuis la base de Bargam en Afghanistan). Le discours du Caire est certes une main tendue mais ne propose pas de feuille de route.
  • Le poids de l’élection de Donald Trump. Donald Trump n’a pas de doctrine cohérente comparable au néo conservatisme de G.W.Bush. Il a critiqué les interventions en Irak et en Libye. Il veut faire la peau à Daesh, menace de fermer les frontières aux musulmans de remettre en cause l’accord avec l’Iran. Il réclame une alliance avec Poutine. Il dispose de bonnes relations avec Al-Sissi, Netanyahu, et Erdogan, mais reste critique envers les ploutocraties du Golfe. D.Trump ne va donc pas résoudre miraculeusement la situation et les politiques déployées semblent être fondées sur un bon sens minimal.
Catégories : Moyen Orient

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