Le Japon connaît un parcours extraordinaire à rebours de sa longue fermeture (Sakoku). Un sursaut d’orgueil nationaliste en 1868 lui permet d’entrer dans la cour des grands. Brisé en 1945, il renaît de ses cendres et devient le modèle à imiter. Mais depuis 1990 le Japon connaît la déflation et son modèle est remis en cause. Endetté, vieillissant, et subissant la concurrence chinoise : quel avenir lui reste-t-il ? 

  • Une ouverture progressive depuis le XIXe siècle. Après la fermeture du Japon au XVIIe siècle (Sakoku), le Japon s’ouvre sous l’ère Meiji au XIXe siècle. Miracle économique des pays vaincus après la Seconde Guerre mondiale. Japon de la haute croissance des 50 s au 80 s. Le Japon est un number one dans les années 1980. C’est le premier pays à s’industrialiser grâce au modèle Akamatsu(vol d’oies sauvages). Sa réémergence est liée à l’état stratège qui constitue le triangle de fer (Christian Sauter) fondé sur les Keiratsu (FTN), le METI (ministère du Travail=état stratège) et le Keidanren (syndicat des patrons).
  • Une maîtrise du territoire. Un pays pauvre en richesses et donc un besoin de s’approvisionner. Nombreuses contraintes naturelles, dont les séismes. Philippe Pelletier parle d’une géographie surinsulaire. De forts déséquilibres régionaux : le Japon de l’endroit, littoralisé, s’oppose au Japon de l’envers, véritable désert humain. Mais maîtrise de l’espace comme le montre le Shinkansen.
  • Un leadership économique en Asie. Appuyé par la force des multinationales qui émettent des IDES. Domination du circuit intégré asiatique : caractérisée par forts échanges intra firmes. En amont, les entreprises japonaises exportent de machines et des composants quand leurs filiales se répartissent les stades de la production en fonction des avantages du pays d’accueil. Suprématie des entreprises japonaises en Asie, car leadership technologique.
  • Une économie en quête de rebond. La crise des années 1990 affaiblit l’économie nippone. Pratiquement 3 décennies perdues du Japon. Le pays un ainsi un véritable laboratoire : la relance budgétaire de Koizumi, Les Abenomics autour de trois flèches. Plans de relance, quantitative easing et réformes structurelles de marché du travail. Mais le bilan est mitigé. Mais le Japon conserve une capacité de résilience : R et D, art de la fabrication.
  • Soft Power japonais. Image du cool Japan: capacité de séduction autour des technologies. Mangas. L’accueil des jeux olympiques à Tokyo en 2020 marque une tentative de puissance par l’évènementiel.
  • Modèle sociétal remis en cause. Double vieillissement de la société japonaise : faible fécondité, haute espérance de vie mais refus de l’immigration. Les Nikkeijin, nés à l’étranger, bien que japonais, peinent à s’intégrer dans une société nippone fermée. Cela pose problème pour l’innovation et le système de retraites et il n’est pas sûr que ce soit un atout dans l’économe de la connaissance. Comment alors peser dans la scène internationale ? Le contexte économique le manque d’influence en l’avenir incite peu à avoir des enfants. : creusement des inégalités, fort taux de suicide chez les jeunes, fin de l’emploi à vie (neko joretsu).
  • Une puissance pacifique remise en question. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : pacifisme (Yoshida). L’article 9 de la constitution est modifié par la Diète en 2015. Certes le pays était déjà engagé depuis 1990 dans des opérations de maintien de la paix. Mais les Forces d’Auto Défense (FAD) pourront intervenir en dehors de l’Archipel et prêter main-forte à des alliés. Seule condition d’utilisation : que la survie du Japon soit menacée. « L’environnement sécuritaire du Japon se durcit ». La montée en puissance de la Chine incite le Japon à relancer ses investissements militaires pour dissuader les coups de force dans les îles Senkaku ou Diaoyu. Achat de F35 à Boeing. Mise en place du diamant de sécurité en 2012 : coalition de démocraties (Inde, Japon, Australie, EUA) pour protéger les espaces maritimes.
  • Un nationalisme japonais de retour. Visite au sanctuaire Yasukuni, tenno militarisme, ré de la haine voué au japon. Révisionnisme japonais le pays est touché par une crise politique avec une confrontation entre le Premier ministre et l’empereur Akihito. Le laisser démissionner remettrait en cause les valeurs de la société japonaise.
  • L’ambiguïté des relations. Pour des raisons historiques, le Japon est l’Allié historique des États-Unis depuis 1945. Plan Dodge. Les difficultés économiques du Japon n’ont pas eu raison de sa supériorité technologique. Les transferts de technologie à la chine ne suffiront pas à combler son retard. La guerre des terres rares avec la Chine pour les îles Senkaku et Kyushu.
  • Le Japon n’est plus le nain politique ni le géant économique qu’il a été.

 

Catégories : Asie

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