Le kirchnérisme est un mouvement de gauche qui a gouverné le pays autour de Nestor (2003-2007) et Kristina (2007-2015) Kirchner. Olivier Dabène parle de la gauche latino-américaine progressiste. Fondé sur un discours sur la refondation de l’État en opposition avec le consensus de Washington, le mandat de Kristina s’achève toutefois avec la baisse des prix des matières premières. Cet héritage est remis en cause par Mauricio Macri (2015).

  • Une reprise économique avec une précarisation. À son arrivée, N. Kirchner met doit faire face aux défis économiques, mais aussi redonner à la politique sa légitimité. Il fonde la relance sur la dévaluation de peso argentin et sur la « reprimarisation de son économie et de ses exportations » (Quenane et Velut, 2013) grâce au soja (3eproducteur mondial) et aux produits miniers (Mine de Pascua Lama, Andes). Par conséquent, l’Argentine renoue avec la croissance dans les années 2000 (8 % de croissance). Mais « dégradation de la situation des classes populaires » (Seman et Ferraudi Curto), car augmentation des emplois précaires.
  • Toutefois la reprimarisation atteint ses limites. Le front pionner du soja s’accompagne de déforestation, Cristina Kirchner soutien l’exploitation des gisements de gaz non conventionnels en Patagonie. Maristella Svampa dénonce le nouveau consensus des commodités. Ensuite la croissance est très peu créatrice d’emplois, car mécanisée. Par conséquent, l’état a mené des politiques de redistribution (Allocation universelle pour les enfants) ce qui génère Conflit en 2008 entre la présidente et le secteur agraire au sujet de la taxation des exportations.
  • Une opposition aux États-Unis sur un plan externe. Le 4esommet des Amériques en 2005 se solde par une rupture profonde entre les tenants d’une ZLEA et les pays de l’ALBA dont l’Argentine se sent le plus proche. Ce choix isole l’Argentine de ses voisins chiliens et uruguayens avec lesquelles se développent des tensions (fleuve Uruguay, non-livraison de gaz). Toutefois les nations sud-américaines arrivent à créer l’UNASUR qui joue un rôle de dialogue politique cependant en deçà des ambitions d’intégration régionale.
  • Sur un plat intérieur, le kichnérisme fait une relecture de l’histoire du pays. Travail sur la mémoire des années de plomb. Le but est de réaffirmer la souveraineté nationale au bénéfice du plus grand nombre, contre les forces de la réaction. Soutien à certaines figures comme Jorge Abelardo Ramos qui défend la singularité Argentine. Ce soutien se fait un détriment des intellectuels libéraux (Maro Vargas Losa)
  • Une reconstruction de l’état. « Revenir en arrière pour aller de l’avant ». Cette refondation voulue par les Kirchner s’articule sur deux dimensions incompatibles : l’exploitation des richesses du sous-sol, et soutient des classes populaires et urbaines, au lieu des grands propriétaires terriens. À l’opposé du consensus de Washington, l’État doit avoir un rôle central : création d’un ministère de la planification, des entreprises d’État (ENARSA), le lancement de grands projets (centrale nucléaire Atucha II, barrage d’Itaipu), la nationalisation de YPF (pétrole, 2011). Mais les Argentins n’ont pas plus confiance en l’état.
Catégories : Amérique du Sud

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *