Depuis le début des années 2000, la montée en puissance des émergents s’est accompagnée par un développement des initiatives de rapprochement. Dans ce contexte, les pays latino-américains ont été très actifs. Stephen Walt nomme Soft Balancing, toutes les initiatives qui se développent face à l’hubris de la puissance américaine.

  • Des relations plus politiques qu’économiques avec l’Afrique. En 2012 les importations africaines de l’Amérique latine ne représentaient que 4 % de celle du continent. Toutefois les relations politiques se sont renforcées à travers l’UNASUR ont créé l’ASA (Sommet Amérique du Sud Afrique). Le but est de constituer un forum birégionial pour renforcer la coopération sur le développement. Marquée par les sommets de Nueva Esparta (Venezuela, 2009). Parallèlement plusieurs pays ont multiplié les accords bilatéraux : l’Argentine en a signé 9 (2013).
  • Les relations Amérique Latine-Moyen-Orient : afficher une autonomie diplomatique. L’Amérique du Sud via le Brésil, l’Argentine, le Mexique s’est déployée dans la région. Les échanges entre le MERCOSUR et le Moyen-Orient ont augmenté même si ce commerce représente une part infime de celui du CCG. À l’initiative du Brésil et du Venezuela, les relations se sont renforcées. Ainsi le processus de l’ASPA (Sommet Amérique du Sud-Pays arabes, 2005). Pour Cécil Baeza (OPALC), le Moyen-Orient est « une arène privilégiée » pour promouvoir leurs valeurs et leur vision de l’ordre international. Il y a une corrélation entre gouvernement de gauche, et position en faveur de la Palestine. Au-delà, c’est une tentative d’exister sur la scène internationale. 
  • Les relations de l’Amérique latine avec les géants asiatiques. L’Inde acquiert un statut de puissance significatif. Un forum des entreprises Inde-CELAC est en cours de constitution. 
  • L’Amérique latine : un territoire stratégique pour la Chine. Pour la Chine, l’Amérique latine contribue à la sécurisation de des approvisionnent en matières premières. Deuxièmement elle représente un marché en expansion pour ses produits manufacturés à valeur ajoutée. Enfin c’est un enjeu diplomatique sur la question de Taïwan. Par conséquent la Chine a multiplié ses échanges commerciaux : L’Asie est le 2nd partenaire commercial de la région, le 1er d’ici 2030 (HSBC). 
  • Toutefois elle reproduit les déséquilibres traditionnels du commerce nord-sud. (Frédérique Thomas : De quoi la relation Chine-Amérique latine est-elle le nom ?). Les produits primaires (cuivre, fer, soja) représentent plus de la moitié des exportations latino-américaines vers la Chine lorsqu’elle exporte des produits manufacturés à valeur ajoutée. Par conséquent, cette relation sino-latino-américaine reste asymétrique et contribue à la primarisation et la désindustrialisation de l’économie sud-américaine à cause du déficit de compétitivité face à l’industrie chinoise.
  • « Zou chuqu », ou la stratégie de l’expansion chinoise vers les principales puissances du Sud. Il s’agit d’une invitation faite aux entreprises du pays pour se déployer à l’extérieur. L’Amérique latine est une région dans laquelle soit d’appliquer le consensus de Pékin fondé sur 5 principes (Respect de l’intégrité territoire (1), souveraineté absolue des états (2), non-agression (3), non-ingérence (4), recherche d’avantage mutuels et coexistence pacifique (5). Typologie de produits qui intéressent la Chine (fer, pétrole, électronique). Le secteur de l’extraction minière est emblématique. China Metals au Pérou, en Équateur dans la ceinture Corrientes Cooper. Sinopec et CNPC viennent renforcer dans le domaine pétrolier.
  • L’Amérique du Sud : une plateforme pour les exportations chinoises. La fonction du continent serait de permettre à la Chine d’assurer et d’augmenter ses exportations. Pénétration des économies latino-américaines dans l’électronique, l’automobile, les télécommunications (Cisco). La chine est devenue « le 4e membre de l’ALENA ». Les raisons de cet établissement : C’est un marché où émerge une nouvelle classe moyenne dans un contexte de ralentissement de l’économie nationale (1), les mesures antidumping américaines ne s’appliquent pas aux productions continentales (2), la Chine ne produit pas encore dans les pays développés (3).
Catégories : Amérique du Sud

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