En 1962 René Dumont lançait un cri d’alarme en soulignant les problèmes structurels de l’Afrique.  Ces problèmes sont-ils toujours d’actualité ?

 

  • Une démocratisation en marche. Au sortir de la Guerre Froide, le contexte est favorable à la démocratisation : effondrement du communisme, conditionnement de l’aide à des principes démocratiques. Les régimes autoritaires faisaient également face à l’effondrement de leur politique du ventre du fait de la crise de la dette : sous la pression de la rue, 12 dictateurs démissionnent.

 

  • Une économie assainie et intégrée dans la mondialisation. Fin de la rente des matières premières et de l’aide publique au développement (APD). Les Politiques d’Ajustement structurel (PAS) inspirées par le consensus de Washington sont mises en œuvre. Les Accords Agoas et les accords de Cotonou (2000) instaurent la trade not aidà la place du trade and aid : ils prévoient des Accords de partenariat économique (APE), la création d’une ZLE entre l’UE et les blocs régionaux comme la CEDEAO. Mais la réciprocité des échanges et les fonds Sysmin et Stabex sont abolis.

 

  • Une décennie des conflits dans les années 1990 : Les PAS ont en réalité affaibli les états, les rendant vulnérables à un cycle de violence liée à des tensions claniques (Guerre civile somalienne en 1991), ethniques (Génocide des Tutsis au Rwanda, 1994), politiques (Guerre civile algérienne de 1991 à 2002) La faiblesse des États entraîne l’exportation des conflits :

 

  • Un effet économique dévastateur avec les PAS.Le démantèlement brutal des mécanismes protecteurs droits de douanes et des caisses de compensation (Sysmin et Stabex) plonge l’agriculture dans une grande détresse, entraîne un déficit commercial sans précédent. L’effet est contre-productif car les états entrent en récession et aggravent la dette. Le démantèlement de l’état aggrave la situation scolaire et sanitaire sans pour autant diminuer la corruption.

 

  • Une marginalisation internationale accrue de l’Afrique. L’intégration à la mondialisation qui est promise à l’Afrique n’a en fait pas vraiment lieu. Les conflits africains sont oubliés par une communauté internationale indifférente : retrait des Américains de Somalie en 1992, inaction pendant le génocide rwandais sans que le néocolonialisme ne s’efface comme en témoignent la Françafrique ou encore la Chinafrique.

 

  • Un retour de l’Afrique au début des années 2000.La hausse des cours des matières premières permet de renouer avec la croissance, elle est redistribuée à une population urbanisée. Elle attire également les capitaux étrangers : voire les 3 modèles de la Chinafrique ainsi que l’attention des compagnies étrangères. Cette concurrence des investisseurs permet à l’Afrique de renégocier les contrats néocoloniaux comme ceux d’AREVA (aujourd’hui Orano) au Niger.

 

  • Une nouvelle place géopolitique en Afrique.La création de l’UA (Union Africaine) en 2002 : plus interventionniste (Cours des droits de l’homme), elle tente de pacifier le contient. Dans un monde marqué par le 11 septembre, les puissances extérieures portent un intérêt croissant à ce continent pour les ressources et pour la menace déstabilisatrice que représente le terrorisme africains (Shebabs en Somalie, Boko Haram au Nigéria, AQMI et Muja au Sahel)
Catégories : Afrique

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