Jusqu’au début du XXIe siècle, l’image traditionnelle véhiculée sur l’Afrique est celle de sa marginalisation dans la mondialisation (Olivier Dollfuss la définit comme une « interdépendance des économies entre elles a toutes les échelles du fait de l’augmentation de tous les types de flux ». Pour lui, la mondialisation est un phénomène ambigu et paradoxal : elle uniformise la planète mais crée de l’exclusion à toutes les échelles.)  Longtemps cette marginalisation a alimenté un discours afro pessimiste. Mais aujourd’hui le continent bénéficie d’un regain d’intérêt. On parle ainsi de renaissance mais pas de reconnaissance sur la scène internationale.

Il faut montrer que l’Afrique est un continent qui a été ouvert grâce à la colonisation mais qui, en même temps, a été dominé à cause d’elle. Malgré cela l’Afrique est aujourd’hui plus visible. Elle semble à même d’affronter les défis importants mais pour autant pas impossibles imposés par la mondialisation.

  • Une Afrique dominée et ouverte au monde par les grandes métropoles. Au XIXe siècle, sous couvert d’apporter la civilisation (« Le fardeau de l’homme blanc », Rudyard Kipling), elles organisent une nouvelle DIT à leur profit. Ainsi en Afrique subsaharienne, les états sont organisés à partir du littoral comme en témoignent les états tranche du golfe de Guinée. Mais après les indépendances, la mainmise demeure comme à travers la Françafrique. Cette ouverture au monde est responsable d’un développement très limité selon les tenants de la théorie de la dépendance (Raul Prebisch) : la colonisation empêche les pays pauvres de se moderniser. Les schémas d’organisation de l’espace posent problème aujourd’hui : la capitale littorale est excentrée du reste du pays, et l’organisation des axes de communication pose des problèmes de maîtrise du territoire.
  • Une maîtrise de la rareté mais une primarisation des économiesL’Afrique est devenue un concurrent clé grâce à ses exportations en matière première. Elle possède la maîtrise de la rareté (notamment concernant le manganèse) nécessaire à la fabrication d’objets électroniques. Mais être convoité ne suffit pas pour exister. Par conséquent, le continent subit une véritable malédiction des matières premières. Il attire désormais comme le montrent les intérêts de la Chine, des États-Unis ou encore de la France.
  • L’Afrique est toujours peu intégrée à la mondialisation à cause d’une industrie faiblarde et d’un poids marginal dans les échanges internationaux. Le volume d’exportations africaine diminue depuis les années 1970, les Investissements Directs à l’Étranger (IDE) restent faibles. L’Afrique subit les effets pervers de la mondialisation : les économies africaines sont peu armées pour affronter la concurrence mondiale. Au sortir de la Guerre froide, on observe un véritable déclassement géopolitique : fin de la rente, Politiques d’Ajustement Structurels (PAS) et décennie perdue. L’industrie ne produit que pour le marché intérieur et est très rarement exportée. De plus le continent souffre d’une mauvaise gouvernance : les influences et ingérences étrangères acceptées par les gouvernements.
  • L’Afrique est présente dans le monde grâce à sa population.Aujourd’hui, elle dispose de 1 milliard d’habitants et de 2 milliards à l’horizon 2050. La population émigre donc (20 000 médecins). Ces populations contribuent aux transferts financiers. Ainsi se mettent en place des réseaux : l’Éthiopie organise des campagnes pour que les diasporas investissent dans leur pays d’origine.
  • L’Économie africaine se porte mieux : présence grâce à ses activités et exportation. Les commerçants africains sont présents dans le monde : une « chocolate city » existe ainsi à Canton avec une forte minorité sénégalaise. Les premières entreprises sud-africaines se sont implantées sur le marché chinois.
  • Présence mondiale de la culture africaine.Les joueurs africains s’expatrient de plus en plus dans tous les clubs du monde. La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) attire un public de plus en plus nombreux. Un Hollywood émerge au Nigéria, s’exporte là où la diaspora noire a immigré.
  • L’Afrique de plus en plus connectée au reste du monde.Les liaisons avec le reste du monde sont en plein essor. Le transport aérien s’est beaucoup développé et les compagnies africaines ont développé leur flotte (Introduction du 787 chez Ethiopan Airlines). Le trafic maritime a augmenté pour représenter 25 % des exportations vers la chine, les des ports africains ont été privatisés. La cyber Afrique n’est pas en reste : depuis 2000, l’Internet se développe. Le portable est plus présent que le téléphone fixe témoignant ainsi d’un phénomène de leapfrogging.
  • Des sociétés en mutations : Signes d’une mondialisation croissance. Les grandes villes témoignent de la mondialisation de l’Afrique. L’Afrique du futur s’invente dans des villes pour Roland Pourtier. Elles sont un signe de développement économique, un symbole de l’Afrique qui va bien et un marqueuse de la classe moyenne qui se développe. Par conséquent, des marchés de consommation aux dimensions considérables apparaissent et les FMN se développent. Le BCG fait figurer 6 entreprises africaine dans le top 100 (Sasol, Bidvest, Aspen) Les places financières africaines font leur entrée sur la scène mondiale (Maurice, Johannesburg).
  • L’Afrique est écartelée par la mondialisation. On distingue les états intégrés à la mondialisation et qui commencent à en profiter. Il s’agit de trois zones principalement : l’Afrique du Nord, malgré les révolutions arabes, a bénéficié d’un avantage du point de vue de la stabilité des états, du tourisme et des hydrocarbures ; le golfe de Guinée avec des Pays comme le Nigéria ou le Ghana qui sont situés dans des foyers de peuplement disposant d’une ouverture sur l’atlantique d’une présence de richesses importante ; l’Afrique australe qui tend à propulser le continent au sein de la mondialisation avec l’Afrique du Sud et le Botswana engagé dans le processus de Kimberly pour redistribuer la rente des richesses extractives. On observe ensuite des états ouverts au monde mais victimes de la mondialisation. Il s’agit des fournisseurs en matière première qui sont victimes de la fluctuation et de la volatilité des cours. Ils ont pu s’enrichir avec l’hyper cycle des matières premières. Enfin il existe des états fermés ou à l’écart comme le mali ou le RDC, des failed states comme la Somalie, découpée par les seigneurs de la guerre, des états enclavés comme la Zambie, le Niger, le Tchad.

 

 

 

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