En intervenant en Syrie, Moscou fait comprendre aux EUA qu’il ne saurait y avoir de négociations multilatérales excluant la Russie. L’engagement contredit l’idée reçue d’un désengagement russe de la région.

  • L’action russe au Moyen-Orient est guidée par trois principes directeurs. La volonté de devenir un pôle important du monde multipolaire, l’insistance sur les dynamiques de régionalisation dans la politique mondiale (Eurasie). L’aversion de tout changement par la force.
  • L’implication de la Russie en Syrie est un moyen de réaffirmer une aversion du principe de changement de régime voulu par l’Occident et ce dans le cadre de l’arrivée d’un gouvernement antirusse en Ukraine (Bataillon Azov)
  • Une crise systémique au Moyen-Orient avec des soulèvement sociaux majeurs, une crise étatique profonde, notamment dans les régimes républicains, des tensions croissantes et une concurrence entre les principales puissances régionales.
  • Une crise liée au déclin des grandes puissances extérieures : une administration américaine post-interventionniste, face à des puissances régionales qui se renforces (Iran, Arabie Saoudite, Qatar, Emirats Arabes Unis, Turquie). Jusque récemment endiguement limité (frappes aériennes) … aux résultats limités.
  • Un besoin d’arbitres extérieurs disposant d’une solide expérience du Moyen-Orient, affectés de manière moins directe que la puissance régionale de la région, pouvant agir de manière autonome sans être contraintes par leur jeu d’alliance. Seul les Etats-Unis et la Russie répondent à ces critères.
  • L’intervention russe en Syrie : une action unilatérale pour imposer le multilatéralisme. La période post-soviétique est bien terminée. Volonté de retrouver le rôle qui était le sien et de maintenir des sphères d’influence. Cette coopération pragmatiques fait notamment avec l’Egypte d’Al-Sissi et l’Arabie Saoudite pour stabiliser les prix du marché.
  • Un engagement motivé par des enjeux intérieurs :la Russie est un empire aux sensibilité culturelles diverse dont islamiques. Elle a peur de la contagion de l’islam salafiste sunnite de la région à l’islam sécularisé qui prévaut chez elle.

 

 

Catégories : Moyen Orient

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