Le choix de l’ouverture en lnde (stratégie des petits pas) est plus récent qu’en Chine (socialisme de marché) et a permis au pays de s’intégrer dans la mondialisation.  Le 21esiècle lui permettra-t-elle de devenir une puissance globale ? La Chine (2eéconomie du monde) a connu un ralentissement en 2015. Si les deux pays savent faire preuve de pragmatisme, ils augmentent leurs dépenses militaires et les tensions maritimes s’accroissent alors que la Chine développe son collier de perles et que l’Inde veut faire de l’océan Indien son océan.

  • Une histoire marquée par l’hostilité et la méfiance. Deux empires plurimillénaires (Dragon chinois/Éléphant indien). Plusieurs frontières sont contestées (Jammu, Cachemire, Aksai Chin). La guerre sino-indienne de 1962 est un souvenir humiliant pour l’Inde : Mao parvient à imposer sa souveraineté dans la province d’Askai Chin.
  • Deux géants démographiques face à face : l’Inde rattrapera la population chinoise en 2022 et devra la dépasser. Le pays disposera d’une population beaucoup plus jeune ce qui fait naître des défis en termes d’équipement et de service.
  • Des géants au pied d’argile. Le socialisme indien et le communisme chinois accordent une place centrale à l’État. La libéralisation ne va pas de soi. Les deux pays ont des progrès à faire en matière de corruption. Leurs défis sont avant tout intérieurs. L’Inde doit sécuriser son territoire, développer ses infrastructures, mise sur les routes de la Soie, premier actionnaire de l’AIIB. Beaucoup de jeunes ne trouvent pas d’emploi. Le système éducatif a longtemps privilégié les cursus universitaires et scientifiques au détriment des formations techniques ou professionnelles. Le programme Skill India pour former des employés. Poids du secteur de l’informel. Démonétisation de 24 milliards pour lutter contre la fraude.
  • Des rencontres pour améliorer les relations entre les deux pays. Un rapprochement avait déjà eu lieu en 2005 via un partenariat pour la paix.Visite de Xi-Jinping en 2014, de Narenda Modi (BJP) en 2015. Une volonté de développer le tourisme entre les deux nations (Visit China/India). Coopération dans le nucléaire civil, volonté de développer les smart cities. Les deux pays font partie des BRICS et de l’OCS.
  • Rivalités ou complémentarités ? Trois objectifs prioritaires : énergétique, commercial et diplomatique. La Chine et l’Inde participent aux opérations de maintien de la paix en Afrique, les deux puissances insistent sur le combat contre le colonialisme, l’ancienneté des relations. Cependant des différences stratégiques subsistent. Les entreprises indiennes insistent plus sur la compétitivité. L’Inde investit à l’ouest. Un exportateur de produits manufacturés face à une puissance exportatrice de services. Toutefois le Make in India de N. Modi peut rentrer en concurrence avec la puissance manufacturière. En effet la Chine cherche à se tertiariser, l’inde à se secondariser. Le poids des innovations frugales.
  • La Chine investit à l’étranger, ce qui n’est pas le cas de l’Inde. Les investisseurs étrangers préfèrent encore l’espace chinois même si les investissements augmentent en Inde. Les augmentations de salaire rendent le pays moins attractif a contrario de l’Inde. Le pays doit encore attirer des investisseurs étrangers et surtout chinois pour améliorer l’état de ses infrastructures. L’Inde est devenue le principal actionnaire de l’AIIB.
  • Le collier de perles chinois (Booz Allen Hamilton) face au gendarme de l’océan indien. Le port de Gwadar n’est pas encore développé, mais alimente déjà les fantasmes sur l’encerclement chinois. Mais la Chine n’a pas encore les moyens de dominer l’espace. Le corridor vers l’Afghanistan et le monde russe, réplique du corridor de Gada. La Look East Policy. La nécessité de choisir entre l’Eurasie et l’Occident.
  • Rapprochement entre l’Inde et le Japon pour contrer les ambitions chinoises.Deux plus grandes démocraties d’Asie.
  • La question pakistanaise. Rivalité historique entre l’Inde alors que les relations avec Pékin sont au beau fixe. Débutée en 1950 pour désenclaver le Xinjiang, elle vise à contrer l’influence de Washington en Asie du Sud. Mais un conflit entre les deux puissances reste peu probable. Pékin et Moscou souhaitent l’apaisement entre les deux pays qu’ils veulent associer à leur projet eurasiatique.
  • Les perspectives : bonne santé de l’économie indienne face au ralentissement chinois ? La Banque Mondiale parie sur l’Inde. Progression de PIB, le passage de l’économie chinoise à un développement sur le marché intérieur ralentirait son PIB.
Catégories : Asie

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