Parler d’ « Amérique » c’est poser le problème de l’unité du contient. Tient-elle de la cohésion propre ou se définit elle par rapport à l’altérité ? Quant aux contrastes, les États-Unis apparaissent comme le pays dominant du continent, L’empire Américain (Claude Julien) ? Force est de constater que Tout empire périra (J.B. Duroselle) depuis le 11 septembre, ce qui annonce une nouvelle configuration géopolitique.

  • L’Amérique apparaît comme une projection de l’Ancien Monde. Le continent est découvert par les Européens (nouvelle Angleterre, Nouvelle France), nommé (Chili, là où se termine la terre) puis progressivement colonisé et évangélisé (Santa Curz). On a alors une création de paysages urbains, calqués sur la métropole (notamment en Espagne), pour accueillir de nouvelles vagues de peuplement européennes (Espagnols, Portugais, Anglais, Irlandais et Italien), africaines (Antilles du sucre, Afrique noire). Ces dernières posent la question du melting pot qui est plus une juxtaposition de cultures qu’une synthèse et donc générateur de communautarisme. (Salad Bowl : Petite Italie, China Towns, émeute de Los Angeles en 1992)
  • L’Amérique c’est avant tout le Nouveau Monde. L’identité américaine se définit par rapport à l’altérité, c’est-à-dire sur un rejet de l’Europe. Le continent conserve une dimension utopique (puritains au 16e, anarchistes au 19e) qui alimente le rêve américain (self made man) renforcé par des nouveaux paysages à conquérir. Politiquement, le rejet de l’Europe est une décolonisation précoce avec la doctrine Monroe, l’Amérique aux Américains en 1823. Mais elle garde des liens avec le découpage territorial ( reine d’Angleterre et du Canada). L’Homestead Act de 1862 qui divise le territoire en townships permet l’accès à la terre aux migrants et donc le développement d’une classe moyenne importante. 
  • L’Amérique c’est aussi les Indiens. L’arrivée des Européens provoque une catastrophe démographique chez les Indiens, alors que leur culture est systématiquement niée, ce qui engendre une prise de conscience avec les mouvements indigénistes et indianistes dans le second XXe siècle : mouvement néo-zapatiste au Nouveau-Mexique. Les Indiens sont définis par leurs pratiques sociales, leurs langues et les données anthropologies, mais leur nombre augmente. Toutefois les politiques menées à leurs encontre comme l’assimilation ou le multiculturalisme sont sources de problèmes comme l’acculturation. Néanmoins ils sont aujourd’hui reconnus (Inuits au Canada, élection d’Evo Morales en Bolivie faisant de l’Amérique un continent multiculturel. 
  • Un développement inégal du continent. On constate une opposition entre l’Amérique du Nord anglo-saxonne et riche et l’Amérique latine pauvre confirmée par les indicateurs PIB et IDH même si des parties ont émergé. Les parties les plus développées du continent sont celles des sociétés construites sur le modèle européen [Europe hors d’Europe, classe moyenne avec marché solvable, tradition démocratique] alors que les formations sociales inégalitaires comme les sociétés esclavagistes ont facilité le sous-développement. L’Argentine est par exemple handicapée par l’accaparement des terres par une minorité. 
  • Une Amérique dominante, une Amérique dominée. Si l’Europe domine à l’origine le continent américain, l’Amérique prend possession de son territoire avec la doctrine Monroe en 1823 [Échec de l’expédition française au Mexique]. Mais c’est au profit d’un nouveau déséquilibre en faveur des États-Unis qui prennent le rôle d’une puissance impériale avec la politique du Big Stick [taper sur les régimes qui ne sont pas amis] dans leur arrière-cour que sont les Caraïbes. On distingue ainsi : l’Annexion de Puerto Rico [1898], la création de la République du Panama [1903] ; les ingérences au Guatemala, à Grenade, ainsi que la déstabilisation du régime d’Allende au Chili, de Castro à Cuba.
  • Isolationnisme ou interventionnisme des États-Unis. Les États-Unis ont alterné entre isolationnismes : Refus de la SDN par le Sénat, et interventionnisme. Pendant la Guerre froide, il prend la forme d’une défense du monde libre face à Moscou, mais ça n’a plus de sens avec la chute du mur. Depuis 2001 il s’agit d’une lutte contre le terrorisme au risque d’alimenter les fanatismes anti-américain. 
  •  Les États-Unis et la mondialisation. Ils forment un des pôles de l’ancienne Triade. Qui organise et commande le système monde. Ils jouent un rôle important avec le consensus de Washington [accord implicite]. Il s’inscrit dans une vague libérale et est fondé sur la libéralisation, la privatisation, la réduction du rôle de l’état. Toutefois ils engendrent une forte austérité dans les pays du Sud [PAS du FMI] et fait peser la réduction du déficit sur les plus pauvres.Pays énergivore qui est un égoïste environnemental avec le refus de ratifier le protocole de Kyoto [1997], car il estime que le niveau de vie des Américains est non négociable.  L’action des états unis dans le monde constitue une perversion des valeurs de l’Union qui peut se retourner contre eux : les démocraties qui prétendaient diffuser la civilisation ont été vaincues par les pays colonisés, et la puissance ne fait pas exception.
  • Les Amériques et la mondialisation. Vis-à-vis du continent on observe plusieurs positions. Celle des E-U [et du Canada] visant à créer une ZLEA de l’Alaska à la Terre de Feu. Toutefois le projet est refusé au 4e sommet des Amériques en 2005, car l’Amérique latine s’oppose aux subventions agricoles, et les opinions publiques ne veulent pas être dépendantes de l’oncle Sam. Les pays du Sud ont 3 positions : le Mexique qui adhère à l’ALENA a lié son sort à ses voisins puissants, et tourne le dos à l’Amérique-Latine au risque de se fragmenter entre la Métamérique et le Sud paysan ; les États qui avaient expérimenté les intégrations, mais qui n’ont pas réussi à cause de la faiblesse économique des partenaires (MCCA, CAN, CARICOM ; le Mercosur qui est l’alternative la plus crédible au sujet nord-américain : le sudeste brésilien joue le rôle d’une locomotive économique. Permet de réorienter l’Amérique vers le Sud et de tisser des liens avec les autres partenaires que les États unis et permets donc à l’Amérique de s’insérer dans la mondialisation.

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