Le Parti Libéral Démocrate (PLD) a renforcé sa domination depuis les élections de 2014. Mais son action souffre d’une érosion de sa légitimité alors que les Abenomics s’enlisent.

  • Un PLD sûr de sa force. Les législatives de décembre 2015 permettent au PLD de conserver sa majorité et de mettre en place la troisième flèche des Abenomics. Les forces rivales n’ont pas progressé. L’opposition, éparpillée, tente de se reconstruire. À gauche, le PDJ n’arrive pas à rassembler du fait de son bilan catastrophique (2009-2012), seul de PCJ connaît une timide augmentation.
  • Redéfinition de la politique de défense.L’interprétation de l’article 9 interdisant au Japon de se constituer une armée a évolué. Le Japon s’est doté de Forces d’Auto Défense en 1954. Il peut depuis 1992 participer à des missions onusiennes comme en Afghanistan. Mais le processus législatif a donné des concessions : l’usage des FAD sera soumis à l’autorisation de la Diète. La société civile s’est amplement mobilisée, et ce de toutes les classes d’âge (SEADLs). La Corée du Sud oppose quelques craintes alors que les États-Unis encouragent cette politique dans un contexte de Burden Sharing.
  • Les Abenomics se sont enlisées. Si Abe définissait les Abenomics comme une priorité avant d’accéder au pouvoir, force est de constater que l’essentiel de la politique fut la réforme de sa politique de défense, alors que la 3eflèche (réformes structurelles) devait être mise en œuvre. Les agences de notation ont ainsi dégradé la note du Japon. Croissance atone, dépendance au prix des matières premières, faible consommation des ménages ont raison de l’économie japonaise. Bilan donc mitigé : peu d’inflation, signes positifs sur le marché du travail mais c’est insuffisant.
  • Quelles perspectives ?La Troisième flèche mettait en œuvre plusieurs chantiers, dont la flexibilité, sur le marché du travail : fin de l’emploi à vie mais tous les contrats de travail n’ont pas été renégociés. Le gouvernement aimerait également maintenir les séniors au travail plus longtemps. La gouvernance des entreprises : Nécessité d’une meilleure gestion des entreprises après le scandale Toshiba (profits fictifs). Des réformes agricoles : Autonomisation des agricultures locales. Le gouvernement se sert du TPP pour encourager des réformes structurelles (barrières non tarifaires). Débat énergétique : Abe veut modifier le mix énergétique en faveur du nucléaire. Mais la population est encore traumatisée par Fukushima.

 

Un auteur : Barthélémy Courmont, Géopolitique du Japon, Une puissance inquiète

L’auteur insiste sur l’insularité du japon, décrivant un archipel tiraillé entre ouverture et repli sur soi. Une puissance asiatiques originale qui n’a pas été colonisé mais qui tente de rejoindre les puissances occidentales depuis l’air Meiji. Toutefois l’occident est rejeté avec le tenno-militarisme des années 1920. Le japon s’impose en 1945 comme un géant économique et un nain politique. La guerre de Corée transforme le Japon en basse arrière de l’engagement américain. L’article 9 et la doctrine Yoshida font du japon une puissance pacifique rendent obligatoire l’alliance avec les EUA. Le déclin économique du japon, à partir des années 1990 génère une remise en cause des élites et un discours de plus en plus nationaliste et révisionniste. Le japon n’est pourtant plus un nain politique : participations aux opération de maintien de la paix de l’ONU, augmentation de ses dépenses militaires, remises-en cause de l’article 9 de sa constitution. Tokyo s’inquiète du rapprochement entre Pékin et Washington. Puissance inquiète donc par son environnement hostile et conflictuel.

Catégories : Asie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *